Personne âgée en perte d’autonomie : comment gérer ?

En 2050, il y aura plus de 22 millions de personnes âgées en France, contre 12 millions en 2005…  Souvent, le vieillissement peut s’accompagner d’une certaine perte d’autonomie. Certaines tâches du quotidien sont désormais difficiles voire impossibles pour les personnes âgées. Comment décrypter les premiers signes de la perte d’autonomie ? Y a-t-il des solutions pour la ralentir ou la prévenir ? Quid des aides ?

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La perte d'autonomie en bref

La perte d'autonomie d'un senior peut se définir comme une incapacité à assurer, seul, certains actes de la vie quotidienne. La perte d’autonomie est un état lié au vieillissement et est due à des altérations physiques et/ou psychiques. Les causes peuvent être multiples. Parfois, la perte d'autonomie peut aussi être causée par un accident, un handicap ou une maladie.

La perte d'autonomie peut également toucher les personnes handicapées tant que sur le plan physique que psychique et ce quel que soit leur âge.

Une personne qui perd son indépendance nécessite l'assistance d'aidants professionnels et/ou d'aidant naturels, soit ses proches. Il est primordial d'avoir des aides pour faire face à la perte d'autonomie.

Il est possible de prévenir la perte d'autonomie en pratiquant une activité physique régulière. Il n'est pas nécessaire qu'elle soit intensive pour autant. De la marche, de la natation ou du yoga peuvent faire beaucoup de bien.

Quels sont les signes de la perte d'autonomie ?

Il existe plusieurs signes qui montrent qu'une personne est en perte d'autonomie. Cela inclut que la personne :

  • nécessite de l'aide pour se lever, s'asseoir, se mettre au lit ou même se mouvoir,
  • n'est plus capable d'enlever ou de remettre ses vêtements, de se laver ou de manger seule,
  • ne peut plus cuisiner et prendre soin de son intérieur (ou ne le veut plus),
  • peut souffrir de pertes de mémoire,
  • a des difficultés à s'exprimer, à comprendre les autres ou à se faire comprendre,
  • ne sait plus réaliser des tâches administratives ni faire ses courses,
  • ne peut plus prendre de décisions seule : elle ne sait plus comment organiser ses journées, planifier des vacances ou même gérer ses finances,
  • voit son caractère changer : cela peut passer par un désintérêt pour ce qui l'entoure ou un état dépressif ou encore de l'agressivité

La perte d'autonomie et la dépendance présentent de multiples risques dont le plus considérable est la chute. En effet, une chute peut entraîner une blessure grave et également déclencher chez la personne une peur de se déplacer seul, même chez soi. Cela peut donc mener à un besoin d'entrer en EHPAD (un Établissement d'Hébergement pour Personnes Âgées Dépendantes). La peur de se déplacer et de marcher peut aussi entraîner des problèmes de santé comme des escarres ou de la malnutrition mais également provoquer un isolement social renforcé et même une dépression. Les personnes souffrant d'une maladie neuro-dégénérative (comme Alzheimer) peuvent fuguer car ils sont désorientés en sortant de chez eux et ne parviennent pas à retrouver le chemin. Les risques dus à la perte d'autonomie sont nombreux mais grâce à la mise en place d'une prise en charge efficace, il est possible d'y faire face.

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Est-il possible d'évaluer le degré de perte d'autonomie ?

En France, pour évaluer le manque d'autonomie, une grille nationale AGGIR a été mise en place et est utilisée par les professionnels. Elle est essentielle pour le calcul des droits à l'Allocation Personnalisée d'Autonomie (ou APA), versée par le Conseil Départemental. L'évaluation du degré de perte d'autonomie et de dépendance est réalisée par un médecin, un infirmier, un ergothérapeute ou alors un travailleur social, selon la situation de la personne. Le professionnel désigné se rend au domicile du demandeur de l'APA et procède à l'évaluation de la dépendance grâce à la grille AGGIR.

Cette dernière définit le niveau de dépendance d'une personne en fonction des soins nécessaires. Elle comprend dix items remplis par le professionnel. Le score attribué en fonction des réponses va donc décider de l'attribution d'un Groupe Iso Ressource (GIR). Ces groupes incluent des personnes pouvant, à première vue, présenter des profils d'incapacité différents mais nécessitant la même quantité d'heures de soins. Le Gir 1 est le niveau d'incapacité le plus élevé et il regroupe toutes les personnes les plus dépendantes. Le Gir 6, quant à lui, est attribué aux seniors qui ne nécessitent pas ou peu d'accompagnement. Après l'évaluation, le professionnel désigné doit élaborer un plan d'aide personnalisé adapté à la situation du futur bénéficiaire.

Peut-on avoir des aides ?

Il est possible d'être aidé aussi bien financièrement que pratiquement et même technologiquement. Cela concerne la personne âgée dépendante et ses aidants. L'objectif principal des familles étant le plus souvent le maintien à domicile, il est primordial de les aider à gérer la perte d'autonomie de leur proche du mieux possible.

Les aides financières

Aujourd'hui, maintenir les seniors à domicile est une priorité nationale et est même encouragé par les pouvoirs publics. Cependant, les dépenses liées à la perte d'autonomie peuvent vite augmenter. Des aides financières sont donc mises en place. L'APA est l'aide la plus réputée et plus de 1,2 millions de personnes en bénéficier aujourd'hui. Cette allocation aide les personnes à payer toutes les dépenses liées au maintien à domicile ainsi qu'une partie des soins lorsque le senior est placé en EHPAD ou en établissement d'hébergement spécialisé. Le montant alloué dépend de la grille AGGIR et est fixée par chaque département. Pour la recevoir, il faut avoir au moins 60 ans et avoir  son niveau de dépendance évalué par la grille AGGIR. Seules les personnes classées en groupe 1,2,3 et 4 peuvent percevoir l'APA.

Il existe d'autres aides financières comme la PCH (Prestation de Compensation Handicap) pour les personnes handicapées de moins de 75 ans, l'ASH (Aide Sociale à l'Hébergement) pour les résidents en EHPAD ou encore l'aide-ménagère à domicile et l'aide à l'aménagement du logement.

Il est aussi possible d'avoir des aides extra-légales versées par la mairie ou le département, des aides fiscales de l’État (réduction ou crédit d'impôt) et des assurances ou mutuelles attribuent une aide à leurs adhérents.

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Les solutions de la technologie

Les nouvelles technologies peuvent être intéressantes pour faire face à la perte d'autonomie. Des objets de soutien innovants ont vu le jour comme des cannes intelligentes qui aident à prévenir les chutes ou encore des détecteurs de chute. La téléassistance peut être une bonne solution. Elle sécurise les seniors qui vivent seuls et envoie des alertes aux proches en cas de chute ou d'inactivité trop longue. Aujourd'hui, on commence même à proposer des sols intelligents détecteurs de chute.

Un soutien pratique

Se faire accompagner par des aidants professionnels est fortement recommandé par les médecins pour un maintien à domicile plus sécurisé. Faire appel à un service d'aide à domicile permet de trouver une personne pour entretenir le logement, faire le ménage et aider le senior dans les actes essentiels du quotidien. Cela permet aussi de lui faire maintenir un lien social.

Il convient aussi d'adapter le logement pour garder le senior en sécurité dans sa maison. Il est possible de faire des travaux d'aménagement (installer une salle de bain avec douche sans rebord, des rampes de maintien, des monte-escaliers, etc...). Une demande de prise en charge auprès de l'ANAH (Agence Nationale de l'Habitat) peut être réalisée.

JDS
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